Sandra Kennou : nous mettons nos élèves au plus proche de la réalité du métier

L’École des Spas et Instituts est le premier centre de formation en France qui a été créé autour des métiers du spa. Grâce à son orientation sur le marché de l’emploi et à son écoute des professionnels du secteur, l’École des Spas et Instituts est en évolution permanente.

Aujourd’hui, le pôle Management de l’ESI prépare les élèves au métier de spa manager. Cette formation se démarque du lot grâce à l’idée qu’un métier s’apprend à travers la communication avec les professionnels du milieu.

sandra kennou

Sandra Kennou, la directrice de l’ESI

Sandra Kennou, la fondatrice et directrice de l’École des Spas et Instituts, nous parle de la formation proposée par l’école, du métier de spa manager et de l’évolution du domaine du bien-être.

> Aujourd’hui, on va parler avec vous de la formation Spa Manager qui représente l’un des trois pôles de la formation enseignée à l’ESI. Quel est le but de la formation Spa Manager ? Pourquoi se former à ce métier ?

La formation Spa Manager a été crée en 2011, suite à un constat du marché : il n’y avait pas réellement de formation dédiée au métier de spa manager.

On a créé l’École en 2005, avec le pôle Bien-Être et son Parcours de la Main d’Or®. A l’époque, le parcours correspondait à 140h de formation.

Aujourd’hui, c’est une formation complète de plus de 1000 heures, inscrite au RNCP, qui permet d’avoir une formation professionnalisante pour devenir un praticien de spa. La démarche a été la même en 2011 : l’idée était de pouvoir créer un cursus avec pour objectif la professionnalisation.

À l’époque, pour devenir spa manager, on pouvait y accéder de deux façons :
– soit on venait du terrain, donc on était une  esthéticien(ne) ou spa praticien(ne) et on avait l’ambition d’évoluer dans sa carrière,
– soit on venait du monde du management, après une école hôtelière ou une école de management. Et, c’était grâce à l’expérience professionnelle qu’on évoluait dans un monde managérial, notamment dans le monde hôtelier, et on se retrouvait à la tête d’un spa.

Le constat était qu’il n’y avait pas de formation spécifique pour le métier de spa manager, et l’objectif, en créant cette formation, était de répondre à ce besoin du marché.

Je l’ai construite en important le modèle du Parcours de la Main d’Or®, c’est-à-dire, en m’entourant de professionnels. Ce sont les professionnels qui font cette formation, je suis juste un bon chef d’orchestre qui est à l’écoute du marché.

Ce n’est pas une école de management, ce n’est pas une école d’esthétique, ce n’est pas une école de comptabilité ou de finances, c’est vraiment une formation construite comme une boîte à outils, qui va permettre de faire le trait d’union entre les divers univers : l’univers de l’esthétique, du massage, de la beauté (la partie technique, opérationnelle), et l’univers managérial, que cela soit une structure d’hébergement ou une marque de cosmétiques. En plus, le spa manager a le rôle d’intermédiaire entre la direction et l’équipe de terrain.

> En quoi consiste cette formation ? Pourriez-vous nous expliquer son contenu et son déroulement ?

Quand on a débuté en 2011, il y avait 200 heures de formation. Aujourd’hui, en 2016, on en compte  600, et elle va continuer à évoluer grâce aux  problématiques terrains que peuvent me faire remonter mes relations avec les professionnels.

La formation est construite autour de quatre pôles qui correspondent à quatre casquettes principales du métier de spa manager. Ce sont le Pôle Management, bien évidemment, le Pôle Finances, le Pôle MarketingCommunication et le Pôle Lieu. Chaque pôle correspond à des compétences qui vont permettre tout au long de l’activité professionnelle du manager, de pouvoir autant construire un plan de communication, comme de gérer ses comptes d’exploitation, mais aussi de mettre en place un plan de formation pour son équipe, de faire le recrutement et d’assurer la gestion du lieu conformément aux réglementations. C’est une formation qui permet d’acquérir des compétences précises et opérationnelles.

La formation s’axe autour d’un projet qui est le projet « Spa de l’année ». C’est la ligne directrice de toute l’année de formation, où les élèves mettent en application ce qu’ils ont appris en classe. Ce projet est dédié à la création d’un projet de spa, qui sera présenté en fin d’année, devant un jury de professionnels et qui élira le projet de l’année.

 

La formation se déroule au minimum sur 9 mois à raison de deux semaines par mois, ce qui permet aux élèves, soit de travailler sur leur projet le reste du temps, soit d’être en activité professionnelle. La formation est validée à la fin par une évaluation écrite et orale.

Les cours sont organisés de manière à ce que chaque pôle soit alterné, afin que les élèves apprennent à changer de casquettes. Dans une journée on peut être manager, financier, communiquant, donc l’idée est de switcher entre les différentes casquettes que peut avoir un spa manager.

> Pourriez-vous parler de votre équipe pédagogique ? Comment est-ce que vous choisissez vos professionnels ?

Beaucoup de professionnels interviennent à l’École des Spas et Instituts. Ce sont des personnes reconnues dans le secteur. L’objectif est de mettre les élèves au plus proche de la réalité de ce métier. C’est un métier qui est très prenant, où il y a beaucoup de responsabilités. Le spa manager a sous sa responsabilité une équipe, mais aussi la finance, la partie commerciale, la satisfaction de la clientèle qui est de plus en plus exigeante. C’est un rôle qui n’est pas évident, voilà pourquoi il est important de se former et de pouvoir avoir accès à l’expérience de l’ensemble de l’équipe pédagogique. L’avantage de notre école est d’avoir des professionnels très intéressants qui sont des représentants du secteur du spa.

Le choix des formateurs et des intervenants se fait au fil de mes rencontres professionnelles. À travers ces échanges, on partage les nouveautés, on se pose des questions et on essaie d’y répondre.

J’essaie d’apporter aux élèves qui suivent cette formation, l’approche la plus globale. On peut traiter un sujet sur différents angles. L’idée c’est que les élèves aient leur propre conclusion à la fin de leur formation. L’objectif est de leurs transmettre la culture du spa et les réflexes, pour qu’ils réfléchissent et puissent anticiper les problématiques qu’ils pourront rencontrer tout au long de leur activité. C’est un métier qui est très complexe, parce qu’on est dans le domaine du bien-être, on doit apporter une satisfaction à une clientèle très exigeante. En même temps, il faut faire attention à son équipe, mais tout en gardant à l’esprit les objectifs financiers, pas toujours faciles. Même si c’est un secteur en pleine expansion, la situation actuelle en France fait que c’est compliqué. C’est un poste à responsabilité.

The search for profit when markets are volatile

À l’École, vous avez la réputation d’une personne très proche de vos élèves. Pourriez-vous nous parler de leur plus grand challenge pendant cette formation ?

La chose la plus compliquée, c’est de prendre conscience de l’importance de ce métier. Aujourd’hui, même si on est salarié d’une structure, on est responsable d’un centre de profit, c’est comme un chef d’entreprise : on a énormément de responsabilités. Souvent au départ les élèves n’ont pas conscience de cette notion de responsabilité qui est sur les épaules d’un spa manager.

 Aujourd’hui, on a deux types d’élèves à l’école.

  • Premièrement, ce sont des gens qui sont déjà en activité dans le secteur, qui travaillent déjà dans les spas et qui veulent, soit évoluer sur un poste à responsabilité, soit confirmer un diplôme. Beaucoup n’ont pas de formation de spa manager, ils ont appris sur le terrain, et donc ils viennent suivre cette formation pour avoir une certification.
  • Deuxièmement, ce sont des porteurs de projets et des personnes venant de secteurs différents, comme la banque, la comptabilité, les métiers artisanaux, peu importe le domaine, et qui souhaitent créer leur spa et aller vers cette notion de bien-être, du mieux vivre.

Dans les deux cas, on essaie d’être le plus proche de la réalité, de leurs faire prendre conscience que ce métier est lourd, tout en restant très satisfaisant bien sur – sinon, on ne ferait pas ce métier – mais il y a d’importantes responsabilités, comme celles d’un chef d’entreprise. Je dis souvent à mes élèves «Vous et moi, on a les mêmes problématiques, je suis directrice d’une école, vous allez être directeur d’un spa, nos soucis vont être les mêmes». L’idée c’est de les préparer au mieux à affronter cet univers de beauté. Certes il donne envie d’y aller, mais il a une face cachée, qui reste celle du monde de l’entreprise, on y retrouve la concurrence, les difficultés. De plus aujourd’hui on est en crise, donc ce n’est pas évident. L’objectif est que nos élèves soient préparés au mieux pour affronter le monde du bien-être, qui reste une industrie, un secteur et un marché comme un autre.

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> Quels sont des débouchés pour les jeunes diplômés de la formation spa manager ?

La première option est de créer son spa. Mais j’aimerais plutôt aborder le groupe de jeunes diplômés qui veulent devenir salariés. Quand on sort d’une formation de spa manager, il faut une certaine maturité, on ne devient pas un spa manager à vingt ans. Il faut un peu de « bouteille », avant d’aspirer à un tel poste. C’est pourquoi, on conseille de viser des postes de réceptionnistes et d’assistants spa manager avant de postuler à un poste de spa manager.

> Est-ce que vous envisagez d’introduire des changements ou des nouveautés au programme de la formation Spa Manager ?

Comme je l’ai déjà précisé, c’est une formation qui n’est pas statique, qui évolue au fur et à mesure des années. Le gros challenge de demain, c’est de faire en sorte que cette formation devienne bilingue, français-anglais, parce qu’il y a une réelle connotation internationale dans cette formation. Aujourd’hui, les spa managers évoluent dans des milieux internationaux, où la clientèle est internationale, notamment, dans les spas de palaces, d’hôtels, etc., donc la maîtrise de l’anglais est indispensable. C’est plus difficile en France aujourd’hui, parce que le niveau d’anglais est généralement faible, donc nous réfléchissons avec l’équipe enseignante, aux moyens à mettre en œuvre pour que cette formation devienne dans le futur bilingue.

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